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  • Parc de la rivière Doncaster | VDSA

    Parc de la rivière Doncaster La centrale hydro-électrique de Sainte-Adèle La rivière Doncaster est un petit affluent de la rivière du Nord, qui passe par Sainte-Adèle, et s’y jette en dévalant une pente assez abrupte où elle dessine un parcours tout en remous, rapides et éclaboussures sur une distance de 1500 mètres. La construction du barrage Au début du 20e siècle, de petites entreprises, et parfois même des citoyens, sont propriétaires d'un petit réseau d’électricité qui éclaire le village. Aucune véritable centrale n’existe encore. Au début des années 1920, certaines municipalités tentent leur chance dans l’aventure. C’est en 1923 que la Laurentian Hydro Company achète de Charlemagne Campeau le terrain nécessaire à la construction d’un barrage et d’une usine de production d’électricité au bout du 10e rang du canton d’Abercombie. Le barrage était également accessible depuis la rue Notre-Dame en enjambant la rivière du Nord. La Gatineau Power L’aménagement de la chute à Plateau de Sainte-Adèle est réalisé par la Laurentides Hydro Electric Limited. En 1927, les installations passent à la corporation Québec Southern Power, une filiale de la Gatineau Power qui gère la distribution de l’électricité à Sainte-Adèle. Les transformateurs, les garages et les bureaux de la Gatineau Power étaient installés là où se trouve maintenant le marché d’alimentation IGA. La nationalisation de l’électricité Afin d’uniformiser les tarifs et les services offerts aux Québécois, René Lévesque, ministre des Ressources naturelles propose au premier ministre libéral Jean Lesage de nationaliser l’électricité et de racheter les compagnies privées de production et de distribution d’électricité. Le 1er mai 1963, les onze compagnies concernées sont fusionnées pour former Hydro-Québec. Le démantèlement de la centrale La conduite de bois de Sainte-Adèle se détériore au fil du temps et s’avère de moins en moins rentable, si bien qu’en 1973, elle est démolie. Deux ans plus tard, le bâtiment désaffecté de la Centrale est à son tour détruit. Toutefois le barrage demeure en place. L’aménagement du parc de la Doncaster Le site et les aménagements sont depuis 1979 intégrés au parc de la Doncaster. Sur l’ancienne propriété de la Centrale, la municipalité aménage, en collaboration avec Hydro-Québec, un parc qui épouse le tracé de la rivière et diverses infrastructures. Barrage à Sainte-Adèle, juin 1937. Archives Hydro-Québec Conduite forcée en bois de la centrale, vers 1923. Archives Hydro-Québec. Chemin des conduites forcées en bois à la Centrale de Sainte-Adèle. Archives Hydro-Québec. Centrale de Sainte-Adèle. Archives Hydro-Québec. Centrale de Sainte-Adèle avec vue sur la rivière Doncaster. Archives Hydro-Québec. Génératrice à la Centrale Hydro-Québec, 1925. Archives Hydro-Québec.

  • Histoire de pêche | VDSA

    Histoires de pêche On considère le début de la colonisation des Laurentides autour de 1840 avec l’arpentage du canton d’Abercombie, devenu par la suite Saint-Sauveur, Piedmont, Sainte-Adèle et autres. À cette époque, on peut apercevoir des Algonquins aux abords des lacs poissonneux de la région. À la demande du curé Félix-Antoine Labelle, le docteur Wilfrid Grignon arrive à Sainte-Adèle en 1878 pour pratiquer la médecine. Notre docteur est intimement lié aux débuts de la colonisation dans les Laurentides. Maire de Sainte-Adèle, il est animé par l’avancement de l’agriculture. Résidant sur la côte Morin, à quelques pas du lac Rond, il fait de la pêche un élément incontournable pour le développement du tourisme à Sainte-Adèle. Nos lacs se font connaître partout au Québec. Un article paru dans le journal L’Avenir du Nord de 1902 raconte que l’on n’a jamais pris autant de poissons. « La semaine dernière au lac Renaud, nous naviguions tranquillement, trainant une ligne derrière nous, quand, à deux reprises, nous fîmes la capture de deux truites grises pesant chacune huit livres ». Les pêcheurs pratiquent aussi ce sport aux abords de la rivière aux Mulets, la rivière du Nord et le ruisseau Saint-Louis, entre autres plans d’eau. En outre, la truite saumonée se déploie avec frénésie dans le lac Rond. Elle y est présente en si grand nombre que l’on raconte dans le journal l’Avenir du Nord, paru le 17 février 1933, qu’en ouvrant le robinet, « Jean-Baptiste Groulx s’étonna de ne pas avoir d’eau. Il défit la chantepleure et à sa grande surprise, il en retira une petite truite saumonée ». Ensemencement et tournois de pêche L’activité gagne en popularité, si bien que le lac Rond devient le premier lac public de la province du Québec à faire l’objet d’une attention spéciale. L’Office de biologie débarrasse alors le lac de ses poissons nuisibles et y déverse entre septembre 1945 et septembre 1947, pas moins de 10 000 truites. Un projet parrainé par le ministère de la Chasse et des Pêcheries permit d’ajouter, à titre d’expérience, 25 000 alevins afin d’observer leur acclimatation parmi les grosses truites déjà établies dans le lac. Il va sans dire que de nombreux tournois de pêche s’organisent sur le territoire. Quelques décennies plus tard, l’Association des amis de la conservation des Pays-d’en-Haut tient toujours son tournoi annuel au lac Rond. Les Louis St-Onge, Jean-Guy Piché, Louis Kilberg, Johnny Marquis et plusieurs autres assurent la pérennité de cette activité, longtemps prise en charge par Maurice Aveline. Pour commémorer ces tournois de pêche, l’artiste Roch Therrien a réalisé, en 2016, une murale installée au parc Louis-Aubert, à l’intersection du chemin Chantecler et de la rue Morin. L’activité n’a pas perdu de son engouement et la pêche sportive ouverte au public s’est depuis déplacée au parc de la Rivière Doncaster, où un ensemencement de 10 000 truites arc-en-ciel et mouchetées est effectué chaque année. Mais attention, il faut s’informer des règles en vigueur avant d’aller y taquiner le poisson! Christiane Brault Membre du comité patrimoine La partie de pêche du docteur Wilfrid Grignon, 1907. Histoire et archives Laurentides. Le petit Didier LaPeyre au lac Rond, 1943. Bibliothèque et archives nationales du Québec - Fonds Social Chantecler. Vue du lac Rond, 1923. Bibliothèque et archives nationales du Québec - Fonds famille Papineau. Murale La vie est belle à Sainte-Adèle, de Rock Therrien.

  • Reynald CONNOLLY - Un homme et son péché | VDSA

    UN HOMME ET SON PÉCHÉ - 2007 Reynald Connolly Reynald Connolly a participé depuis 1963 à de nombreuses expositions tenues au Canada et ailleurs : Paris, Londres, Copenhague, Bruxelles, Bâle, Tokyo, New York, Chicago, etc. Artiste engagé et non conformiste, il témoigne avec humour, dans un langage figuratif allégorique du monde qui l’entoure. On trouve ses œuvres dans les collections les plus prestigieuses du Canada. Connolly vit et travaille actuellement au Québec. UN HOMME ET SON PÉCHÉ - 2007 Claude-Henri Grignon naît à Sainte-Adèle le 8 juillet 1894. Il est le neuvième enfant de Wilfrid Grignon et d’Eugénie Ouellette-Baker, acadienne. La maison natale est située au 176 de la rue Morin. D’abord jeune journaliste de combat, critique littéraire et pamphlétaire, Claude-Henri Grignon vécut la presque totalité de sa vie dans son village natal. La maison où il écrivit son œuvre maîtresse, Un homme et son péché, en 1933, se trouve au 195 de la rue Morin. L’extrême pauvreté dans laquelle il vivait en 1933 lui a toujours fait dire que son roman était un « pamphlet contre l’argent ». Son terrible avare Séraphin Poudrier atteint une puissance dramatique telle qu’il a « tué » le beau prénom de Séraphin. Sa « sainte » Donalda, qui meurt à vingt ans dans le roman de 1933 après n’avoir été mariée qu’un an et un jour, occupe une place particulière dans notre imaginaire collectif d’un océan à l’autre. Le succès remarquable du roman allait connaître des remaniements alors insoupçonnés par ses nombreuses adaptations pour la radio (1939), le cinéma (1948, 1949 et 2002), le théâtre, la bande dessinée, et le Village de Séraphin à Sainte-Adèle. La langue québécoise emprunte de nombreux vocables à cet univers romanesque populaire. Sainte-Adèle est célèbre grâce à cette œuvre devenue mythique et qui garde toute son actualité historique. Grignon a produit une œuvre littéraire colossale : Le secret de Lindbergh, Ombres et clameurs, Le déserteur et autres récits de la terre, Précisions sur Un homme et son péché, Les contes du Père Bougonneux (plus de 400 dans le Bulletin des agriculteurs), et une fresque historique à la télé de Radio-Canada : Les belles histoires des Pays-d’en-Haut. Il est à l'origine de milliers d’articles de journaux et des conférences Ronson à CKAC, en plus d’avoir fondé le Journal des Pays-d’en-Haut en 1967 avec son ami Maurice Aveline. À ses propres yeux Les Pamphlets de Valdombre (1936 à 1943) demeurent la pierre angulaire de sa vie littéraire. Il était Valdombre avant tout. Pamphlétaire toujours… Maire de Sainte-Adèle, préfet du comté de Terrebonne, syndic de sa paroisse, catholique militant, il fut de tous les combats. Sa dernière œuvre, restée inédite jusqu’en 2006, porte le titre qu’il avait choisi par reconnaissance envers le plus grand de nos journalistes : Olivar Asselin, le pamphlétaire maudit (Éd. Trois-Pistoles). Claude-Henri Grignon a aimé Sainte-Adèle sans partage et y a laissé courir son talent remarquable de conteur. Le peintre Reynald Connolly illustre ici une dimension méconnue du grand écrivain : le pêcheur, l’amant de la nature, des lacs, des rivières et des montagnes de ses chers Pays-d’en-Haut. Pierre Grignon

  • Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland | VDSA

    Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland Église Saint-Joseph de Mont-Rolland (1382 rue Saint-Jean) Éléments historiques Jean-Baptiste Rolland acquiert en 1902 les terrains riverains des chutes de la rivière du Nord et le lot 9B du 10ᵉ rang Abercombie de la North River Lumber & Pulp Company. Il amorce quelques semaines plus tard la construction de nouveaux bâtiments adjacents à l’ancienne usine. Le village prend forme avec l’ouverture d’un magasin général, une boulangerie, une boucherie, un bureau de poste et un moulin à̀ scie. En parallèle, la Compagnie se fait construire de grandes demeures bourgeoises et participe à l’édification de maisons pour loger ses employés. Le 18 juin 1913, en visite pastorale à l’usine de Mont-Rolland, monseigneur Paul Bruchési reçoit une demande des habitants pour construire une chapelle. La requête est accueillie favorablement par l’archevêque. Dès cet instant, le curé Armand Paiement, curé de la paroisse de Sainte-Adèle, part à la recherche du mobilier pour la nouvelle église. Le syndic chargé d’édifier un nouveau lieu de culte retient en 1914 les services de l’architecte Joseph L. D. Lafrenière. Les propriétaires de la compagnie La Rolland s’engagent à̀ fournir tout le bois de construction, le plancher en bois franc, la tôle pour les couvertures, les clous, les boulons et la ferronnerie, la brique à cheminée et à payer le coût du « fret » sur le matériel fourni par l’entrepreneur. Pendant plusieurs mois, toute la communauté́ est mobilisée pour ériger le nouveau bâtiment. Les cultivateurs et les ouvriers se mettent au travail et accomplissent les différentes tâches. Bâti sur une fondation de ciment, le carré de l’église est construit en madrier de pin jaune de trois pouces d’épaisseur, embouveté́. Les cultivateurs et employés de l’usine transportent et fournissent certains matériaux. À défaut de doter le village d’une église en pierre comme celle de Saint-Sauveur-des-Monts (1905), les dirigeants opte plutôt pour de la brique rougeâtre qui se veut un rappel de la manufacture de papier et des bâtiments institutionnels du secteur. Le lieu de culte est prêt à temps pour la messe de Noël de 1914 mais les travaux extérieurs et la sacristie ne seront terminés qu’en 1918. La paroisse est érigée canoniquement en 1918 prend le nom de Saint-Joseph de Mont-Rolland. La municipalité de Mont-Rolland qui compte 131 familles pour une population de 790 habitants se détache de celle de Sainte-Adèle pour former sa propre entité. L’implantation L’implantation du nouveau lieu de culte prend place en bordure de la rue Saint-Jean (autrefois rue de l’église), là où l’on retrouve les demeures bourgeoises ainsi que l’école Chante-au-vent (nommée autrefois école Saint-Georges) construite en 1923 et agrandie à plusieurs reprises. Le quartier compte de nombreuses maisons érigées pour les cadres et les ouvriers, mais également des commerces, quelques établissements hôteliers et d'autres lieux d'hébergement, ainsi que des édifices institutionnels dont l’ancien presbytère paroissial et l’ancien collège Saint-Jean- Baptiste dirigé par les frères Maristes entre 1935 et 1972. L’église Saint-Joseph de Mont-Rolland est construit d’après un plan rectangulaire, auquel s’ajoute en 1938, une sacristie. Les pans latéraux sont percés de six verrières historiées. Les éléments architecturaux Les composantes architecturales du bâtiment reprennent les caractéristiques de la typologie néo-géorgienne, qui succède au style baroque anglais. Le style géorgien se caractérise par ses proportions et son équilibre, sa symétrie et son adhésion aux règles classiques. Les matériaux les plus utilisés sont la brique et la pierre. L’intégrité́ architecturale conceptuelle et physique de l’église Saint-Joseph de Mont-Rolland repose sur des valeurs et des éléments qui comprennent notamment : - Le volume rectangulaire de l’église qui se termine par un chœur en saillie à chevet plat auquel est adossé la sacristie ; - Les matériaux, dont le parement de briques polychromes de teinte rougeâtre, une caractéristique des usines et des maisons bourgeoises de la Rolland; - Les contreforts disposés sur les murs latéraux qui jouent un rôle porteur pour les arcs; - Les deux tours hexagones en demi hors-œuvre, leur clocher, les dômes et les éléments ornementaux; - Une large croix, posée à l’intersection du faîte, qui surplombe une série de fenêtres en ogive; - Le toit en tôle posé à la canadienne; - Les fenêtres latérales en forme ogivale, leur disposition symétrique, les verrières, les soupiraux, les portes à̀ double vantaux et leur imposte cintrée; En 1938, un nouveau portique est ajouté en façade. Les fenêtres d’origine, situées de part et d’autre de la porte principale, sont alors retirées et replacées de chaque côté du nouveau portique en encorbellement. On ajoute deux portes latérales. Les vitraux du maitre verrier John O’Shea Parmi les éléments distinctifs du bâtiment, notons les verrières réalisées dans l’atelier du maitre-verrier, d’origine irlandaise, John Patrick O’Shea de Montréal. La technique utilisée par l’artiste donne au verre une grisaille qui crée des ombrages que l’on peut observer dans les plis des tissus ainsi dans les médaillons. La représentation des apôtres s’inscrit dans la tradition. Le tableau de la Sainte-Famille George Delfosse est né 1869 à Mascouche. Il a grandi dans le manoir du dernier seigneur de Lachenaie, John Henry Pangman. Le père de Delfosse occupait le poste de régisseur sur la ferme du domaine. Delfosse étudie à l’Institut des beaux-arts de Montréal sous la direction de l’abbé́ Joseph Chabert, puis à l'Art Association de Montréal avec Wiliam Bryner et Edmond Dyonnet. Le peintre complète sa formation à Paris. On dénombre plus de 200 toiles religieuses réalisées par l’artiste, destinées principalement à des églises du Québec et des États-Unis. La paroisse Saint-Joseph conserve un magnifique tableau La Sainte-famille acquis par Olivier Rolland 1919, qui en a fait don à la paroisse. La valeur patrimoniale Aujourd’hui, la valeur patrimoniale de l’église Saint-Joseph de Mont-Rolland repose sur son intérêt historique relatant le passé industriel des usines de fabrication de papier La Rolland. Située au cœur du secteur de Mont-Rolland, l’église prend place sur le lot acquis par Stanislas-Jean-Baptiste Rolland, qui souhaite y ériger un village de compagnie comprenant tous les services nécessaires à l’intention de ses employés. L’édification du lieu de culte en 1914 en fait de cette église un bâtiment centenaire. Du point de vue identitaire, il constitue un point de repère important dans la région. Sa valeur architecturale repose sur le fait qu’il constitue l’une des rares lieux de culte présentant une typologie néo-géorgienne. Depuis la citation du bâtiment en 2019, le lieu de culte a été vendu à l’église catholique des Maronites, qui constitue la plus importante communauté chrétienne au Liban. Construction de l'église en 1913. Société d'histoire et de généalogie des Pays-d'en-Haut. Église Saint-Joseph de Mont-Rolland, 2019. Église Saint-Joseph, 1927. Archives paroissiales. Vitraux représentant les saints Luc, Jean, Marc et Mathieu. Vue de l'intérieur de l'église depuis le jubé, 2019. Collection ville de Sainte-Adèle. Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland.

  • Maison Wilfrid-Grignon | VDSA

    Maison Wilfrid-Grignon La maison Wilfrid-Grignon (176-184 rue Morin) Le développement du village s’amorce véritablement avec l’érection canonique de la paroisse de Sainte-Adèle et la construction de l’église en 1852. L’arrivée du docteur Wilfrid Grignon autour de 1879 contribue à la structuration de la municipalité créée en 1855. Peu après son arrivée à Sainte-Adèle, le docteur Wilfrid Grignon achète en 1881 du menuisier Odile Biroleau dit Lafleur les lots 44 et 45. Avec les années, il fera l’acquisition de nombreux autres lots pour y installer sa ferme expérimentale. Maire, préfet de comté, il collabore activement à la promotion de son village dans les journaux canadiens et américains, à la construction d’une école (1901-02) et à la venue de la manufacture de fabrication de pulpe de la famille Rolland (1902) alors que le conseil de ville leur consent une exemption de taxes de 25 ans. On lui doit également l’installation du central téléphonique dont il prend la direction et la construction à ses frais d’un aqueduc dans le haut du village. C’est dans sa maison, nouvellement agrandie qu’il accueille, à la même époque, le bureau de poste. La Banque canadienne nationale s’installe à cet endroit en 1916. Parallèlement à sa pratique médicale, le docteur est à même de constater la pauvreté des colons, l’épuisement des troupeaux et la déchéance de la culture. En plus de soigner les gens, il prend soin des animaux et met en place une clinique vétérinaire. Agronome et conférencier nommé par la Province de Québec, il se dédie au bien entre des habitants Le docteur Grignon participe à la mise en place d’une industrie laitière et à la création d’une nouvelle race chevaline ardenno-canadienne. Par ses différentes expériences et observations sur le terrain, les pâturages des Laurentides deviennent une richesse incalculable. La culture du ginseng et de la pomme de terre, dans le sol rocailleurs de la région, s’avère une véritable mine d’or pour les cultivateurs. Les informations historiques Après le décès du docteur Grignon, la maison est rachetée par l’homme d’affaires Joseph-Honorius Beauchamp en 1923. La centrale téléphonique qui avait déménagé chez monsieur Longpré, revient dans l’ancienne maison Grignon dans de nouveaux bureaux et des installations plus modernes. La famille Beauchamp conserve la demeure jusqu’en 1976. La dénomination sociale de la rue perpendiculaire à sa maison prend le nom de Beauchamp. Artiste multidisciplinaire et restauratrice, Liliane Reid-Bourcier achète la maison de Sainte-Adèle en 1981. Les Bourcier y ont apporté́ de nombreuses rénovations au cours des ans, tout en respectant le cachet patrimonial de la maison. Le bâtiment demeure dans la famille jusqu’en 1999. C’est durant cette période que Madame Hudon logeait à cette adresse avec sa célèbre boutique de fleurs. La situation géographique La maison du 176-184 rue Morin est érigée dans le haut de côte, à l’angle de la rue Beauchamp. Le quartier qui compte de nombreuses propriétés centenaires est bordé par le mont Chantecler et le lac Rond, nommé ainsi pour la forme de son plan d’eau. Les pentes 40-80 et le très réputé Ste-Adele Lodge prisé par les touristes dans les années 1950 et 1960, ont fait place à un vaste terrain en relief que l’on nomme le Parc de la Famille. Il a été réaménagé pour des rendez-vous culturels. On trouve également de nombreux commerces, l’église paroissiale, l’école d’hôtellerie des Laurentides qui loge dans l’ancienne école du village ainsi que des résidences pour les ainés qui ont pris place dans les anciens bâtiments occupés par des congrégations religieuses. L'implantation La maison jumelée érigée sur une structure de bois, est disposée perpendiculairement par rapport à la voie publique principale. La partie du 184 est plus large et légèrement plus haute, ce qui nous laisse croire que cette section a été agrandie lors des travaux de 1904, mais cela reste à préciser. La maison bâtie d’après un plan rectangulaire repose sur une structure de maçonnerie de pierre, ce qui permet d’avoir accès à un vide sanitaire où le sol est en terre. On accède au bâtiment du rez-de-chaussée, par quelques marches qui mènent à un perron. Puis un escalier intérieur monte à l’étage. Une entrée extérieure est aménagée du côté de la rue Beauchamp afin de monter second palier. Cette façade latérale comporte également deux galeries entourées d’une balustrade et surmontées de colonnes moulurées d’origine. Le type d'architecture À la fin du 19ᵉ siècle, la typologie de la maison en rangée n’est pas encore très présente au Québec. On la retrouve surtout aux États-Unis. L’architecture néo-classique, d’influence américaine est soulignée par la présence d’un corps de logis de deux étages, ses frontons triangulaires disposés au-dessus des entrées et la disposition symétrique des différents éléments. Elle comporte un toit à deux versants droits et y retrouve peu d’ornementation. À l’origine, un avant-toit courait sur deux façades. La demeure présente quelques modifications réalisées au fil du temps, dont une pièce ajoutée à l’arrière, dans la partie ouest, en 1988. On peut voir sur une photographie datant de la fin du 19ᵉ siècle, qu’une seule et grande toiture couvrait tout le rez-de-chaussée de la façade principale. Aujourd’hui, chacune des entrées donnant accès à un logis est coiffé d’un fronton triangulaire reposant sur des colonnes de bois. Seul l’avant-toit à l’étage a été conservé. Le recouvrement de planche à feuillure de bois est posé à la verticale et des planches cornières complètent l’ensemble. La comparaison entre deux murs montre que certaines planches ont été remplacées. Les matériaux étant différents. Du point de vue de l’ornementation, on observe au rez-de-chaussée les colonnes moulurées, la balustrade et les aisseliers (disparus en 2020, lors du remplacement de la galerie). Au niveau du toit, la corniche à consoles est toujours présente aussi bien à̀ l’avant qu’à l’arrière du bâtiment. Les ouvertures Nous sommes ici en présence d’un grand nombre d’ouvertures symétriques et régulières, de forme rectangulaire avec chambranles moulurées qui entourent la baie vitrée, composés de deux éléments verticaux appelés jambages et de pièces horizontales placée au sommet, que l’on nomme une traverse et à la base, d’un appui. On peut voir à l’étage des fenêtres à battants, à six carreaux, qui sont munies de contrevents. Celles du rez-de-chaussée sont plus récentes. De plus, des ouvertures cintrées, très bien conservées, éclairent les logements, à l’étage. Certaines portes en bois à petits carreaux sont d’origine ainsi que leur ferronnerie alors que d’autres ont été remplacées. Une attention a été apportée dans la reproduction de l’ancien modèle. La valeur patrimoniale globale La municipalité de Sainte-Adèle a cité la maison du docteur Wilfrid Grignon comme bâtiment patrimonial. La demeure figure depuis au Registre du patrimoine culturel du Québec. On reconnait la valeur patrimoniale du bâtiment pour : Sa valeur historique La maison présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. On compte peu de propriétaires. La maison témoigne de la présence de la famille du docteur Wilfrid Grignon de 1881 à 1923. Des différents services publics et commerces qui ont été intégrés dans cette demeure. Joseph-Honorius Beauchamp, homme d’affaires et homme politique, y a ramené certaines institutions, dont le central téléphonique. La famille y a résidé de 1923 à 1976. Finalement la famille de l’artiste Liliane Reid-Bourcier ont été propriétaires de 1981 à 2001. Sa valeur architecturale La classification de la maison du docteur Wilfrid Grignon propose des composantes issues d’une architecture néo-classique avec une certaine influence américaine. Les maisons à deux étages, ou avec un haut corps, et érigées entre 1830 et 1880 sont plutôt rares au Québec. La maison de la rue Morin se décline par la présence d’un corps de logis de deux étages, ses frontons triangulaires disposés au-dessus des entrées. Elle comporte un toit à deux versants droits et y retrouve peu d’ornementation. Toutefois, à l’origine la façade principale était recouverte d’un avant-toit sur toute la longueur. La maison jumelée est disposée perpendiculairement par rapport à̀ la voie publique principale et se dégage du sol par une fondation en maçonnerie de pierres. La cave de service est peu profonde. La partie du 184 est plus large et légèrement plus haute, ce qui nous laisse croire que cette partie a été érigée ou agrandie lors des travaux de 1904, mais cela reste à préciser. Le personnage associé La maison est associée au personnage Wilfrid Grignon, docteur, maire, préfet, conférencier et agronome qui a collaboré au développement économique et social du village en plus de définir les grandes orientations en matière d’agriculture. Les éléments caractéristiques La maison se caractérise par les éléments suivants : - Une maison jumelée, son imposant volume constitué de deux plans rectangulaires et l’élévation sur deux étages ; - Les matériaux d’origine, dont le parement de bois et la maçonnerie de pierre des champs; - Les toitures à deux versants et les avant-toits couverts de tôle traditionnelle; - La composition symétrique et bien ordonnée de la façade, les fenêtres à battants à carreaux, dont plusieurs éléments sont d’origine ; - L’ornementation, dont la corniche à consoles, les colonnes et les aisseliers d’origine de la façade latérale, les chambranles, les planches cornières et autres. Maison Wilfrid-Grignon, 2019. Collection Christiane Brault. Wilfrid Grignon âgé de 55 ans. Collection Pierre Grignon. Maison Grignon avec l’enseigne de Bell Telephone. Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut. Vue aérienne de la maison Grignon, angle des rues Morin et Beauchamp. Maison Wilfrid-Grignon, 1900. Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut.

  • La chapelle Saint-Paul (1944) | VDSA

    La chapelle Saint-Paul (1944) 1069, boulevard de Sainte-Adèle En 1943, la fabrique de Sainte-Adèle achète d’Anthime Valiquette un terrain sur la nouvelle route et confie à l’architecte Lucien Lemieux le mandat d’ériger un bâtiment qui comprendrait des bureaux, quatre salles de classe, une sacristie et une chapelle de 400 places. Le 4 octobre 1944, la première école non-mixte est inscrite au registre officiel et porte le nom d’Académie Saint-Joseph. La chapelle est placée sous le patronage de Saint-Paul. En plus de servir aux offices religieux le dimanche, la salle paroissiale sert de cinéma durant la semaine. En 1965, la Ville y aménage une bibliothèque à l’étage supérieur. Elle acquiert le lieu en 1978 et y effectue plusieurs améliorations. La bibliothèque est transférée dans l’espace de la chapelle. La Ville revend le bâtiment en 1992 et déménage ses livres sur la rue Morin, en haut de la côte. Philippe Riopelle acquiert la bâtisse pour y ouvrir un théâtre d’été, qui a fermé ses portes en 2019. La Ville de Sainte-Adèle a accordé au bâtiment un statut patrimonial. Depuis, celui-ci est inscrit au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Vue de la façade principale 1978. Archives VDSA. Les élèves se dirigent vers les côtes 40-80 pour faire du ski, 1955 Bert Beaver, Montreal Star Magazine. Représentation d’une pièce de théâtre à la salle paroissiale, vers 1950 Paroisse Notre-Dame-des-Pays-d’en-Haut

  • La rue Valiquette | VDSA

    La rue Valiquette Ancienne route provinciale appelée la route du Nord, puis rue de la station, la rue Valiquette était le chemin que les charretiers - à bord de leurs carrioles tirées par des chevaux - empruntaient pour conduire les touristes à la gare. C’était en fait le principal passage entre Montréal et Mont-Laurier. La voie publique a d’ailleurs été agrandie à plusieurs reprises, c’est pourquoi les maisons semblent construites sur le trottoir. Au début des années 1950, cette route a perdu son statut de route nationale au profit du boulevard de Sainte-Adèle. La Ville de Sainte-Adèle a complètement refait cette voie publique en 2020. Les trottoirs sont maintenant surdimensionnés, afin d’y aménager des terrasses et d’encourager les déplacements à pied. Cette artère commerciale-mixte fraîchement revitalisée est vivante, conviviale et accueillante. La rue Valiquette vers de sud, depuis la rue Morin, 1910. Jean-Pierre Bourbeau. La rue Valiquette vers le nord, depuis la rue Gagné. Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut.

  • Parc Lionel-Patry | VDSA

    Lionel Patry. Collection Jacques Patry. Anthime Valiquette maire de Sainte-Adèle village et Lionel Patry, maire de Sainte-Adèle paroisse. Collection Maureen Chartrand et Jean-Pierre Patry. La fraterie Patry, Collection Maureen Chartrand et Jean-Pierre Patry. Le petit Jean-Pierre devant la maison familiale. Collection Maureen Chartrand et Jean-Pierre Patry. Vue de l’église de Sainte-Adèle construite en 1952 Collection : Christiane Brault, 2020. Le nouvel hôtel de ville est inauguré le 11 décembre 1966 en présence du maire Patry, de Léo Cadieux, ministre associé à la Défense nationale et député fédéral de Terrebonne , Francis Boudreau, ministre d’État du Québec aux Affaires municipales, et d’Hubert Murray, député de Terrebonne. Collection Ville de Sainte-Adèle. Lionel Patry debout en discours. Maison sur la rue Patry, à Sainte-Adèle en 2020. Photo : Christiane Brault. De gauche à droite : Lucius Bélanger, Jean Chollet, Rolland Lambert, Lucien Rolland, homme non identifié, enfant non identifié, Claude Grégoire. Inauguration de l'usine de filtration de la Rolland 1975 - Lionel Patry, maire et son père Le nouvel hôtel de ville est inauguré le 11 décembre 1966 en présence du maire Patry, de Léo Cadieux, ministre associé à la Défense nationale et député fédéral de Terrebonne , Francis Boudreau, ministre d’État du Québec aux Affaires municipales, et d’Hubert Murray, député de Terrebonne. Collection Ville de Sainte-Adèle. Lionel Patry (1911-1992) Les Patry à Sainte-Adèle En 1851, Alexis Legault, dit Deslauriers, acquiert une terre située sur une partie du lot 12, dans le 10e rang, dans le canton d’Abercombie. Le terrain s’étend approximativement de la rue Notre-Dame à la montée du chemin du Mont-Sauvage, puis entre ce que l’on connaît aujourd’hui comme étant la rue du Bois-Joli jusqu’à la voie d’accès à l’autoroute des Laurentides. Lionel Patry s’en porte acquéreur en 1944. La maison, qui appartient toujours à la famille Patry, aurait été construite au tournant du 19e siècle. Lionel Patry, entrepreneur Lionel Patry est associé à la firme d’ingénieurs Lalonde et Valois. Entrepreneur actif, il s’implique dans la construction de plusieurs maisons à Sainte-Adèle, notamment dans le domaine Deauville et le Sommet-Bleu. Syndic pour la construction de l’église de Sainte-Adèle Lionel Patry, Wilfrid Monette et Claude-Henri Grignon sont élus membres du Syndic pour la construction de la nouvelle église qui est inaugurée en 1952. Le Syndic a la charge de voir au bon déroulement des travaux, mais surtout de bien surveiller les finances. Le premier maire de Sainte-Adèle, Lionel Patry Après avoir occupé le poste de maire de la municipalité de la paroisse de Sainte-Adèle, de 1959 à 1965, Lionel Patry devient, lors de la fusion du village et de la paroisse en 1964, le premier maire de la nouvelle ville de Sainte-Adèle. Sainte-Adèle est la première municipalité au Québec à adhérer aux nouvelles dispositions de la Loi sur les fusions des municipalités énoncées par le ministre Pierre Laporte en 1965. Pour regrouper tous les services au même endroit, les nouveaux dirigeants se dotent d’un nouvel hôtel de ville qui est inauguré en décembre 1966. Parc Lionel-Patry

  • La maison d’Ernest Bertrand (1906) | VDSA

    La maison d’Ernest Bertrand (1906) 1175, rue Saint-Jean Au centre, la maison Ernest-Bertrand, vers 1938. Aline Bertrand. Ernest Bertrand et Marie-Anne Courchesne, fin des années 70. Aline Bertrand. Maison Ernest-Bertrand, 2020. Originaire de Saint-Jérôme, Zéphirin Gascon emménage à Mont-Rolland et fait bâtir cette maison autour de 1906. Divers propriétaires, s’y succèdent. Ernest Bertrand, comptable à la Rolland, l’achète de la veuve d’Albert Tellier en 1938. La même année, Ernest épouse Marie-Anne Courchesne, fille du chef de gare Rosaire Courchesne et de Laura Beauchamp. À 24 ans, Marie-Anne est nommée directrice de la centrale téléphonique de Sainte-Adèle-en-Haut, ainsi que du bureau de poste adjacent. Avec un maigre salaire mensuel de 80 $, elle doit prendre soin des lieux, acquitter les frais d’électricité, acheter le mobilier, payer le personnel et chronométrer, à l’aide de la grosse horloge, les appels « longue distance ». Marie-Anne doit aussi aller collecter l’argent accumulé dans les téléphones publics dans les villages avoisinants. Tout ça pour 20 piastres par semaine!

  • La rue Saint-Charles | VDSA

    La rue Saint-Charles 3026 et 3062, rue Saint-Charles La rue Saint-Charles compte plusieurs bâtiments d’intérêt, dont ces deux-ci. L’ancien site de la Caisse populaire de Mont-Rolland (1919) 3026, rue Saint-Charles Après une tentative infructueuse à Saint-Sauveur, la première Caisse populaire des Pays-d’en-Haut est fondée à Mont-Rolland en 1919. Autrefois, la Caisse était logée dans la maison du gérant. En 1959, les services devenant plus importants, on confie à l’entrepreneur Yves Lépine le soin de construire un nouveau bâtiment d’après les plans de l’architecte Jean-Guy Clément. L’édifice est béni et inauguré le 4 mai 1961. Les employés travaillent au rez-de-chaussée et les bureaux situés à l’étage sont loués. Le bâtiment est agrandi en 1979. Un guichet électronique avec imprimante est installé en 1993. Le bâtiment est acquis par l’étude de notaire Johanne Paquette en 2014. La maison de Polydore Raymond et d’Eugénie Cousineau (1926) 3062, rue Saint-Charles Polydore Raymond épouse Eugénie, fille de Joséphat Cousineau, journalier à la papeterie, à l’église du village en 1926. Eugénie occupe, avant son mariage, un poste de trieuse à la Rolland. Polydore Raymond ouvre une boucherie à l’arrière du bâtiment actuel. Le commerce y a pignon sur rue jusque dans les années 1960. La maison qui a été restaurée en 2020 est toujours occupée par les descendants de la famille Raymond. La caisse populaire de Mont-Rolland, 1961. Journal des Pays-d’en-Haut. Boucherie et maison de Polydore Raymond, vers 1930. Rachel Foisy et Pierre Perreault.

  • Cinéma Pine | VDSA

    Cinéma Pine Le cinéma Pine à travers le temps Y a-t-il un seul Adélois qui ne connaisse pas le fameux cinéma Pine?!??! Qui n’ait pas déjà « été aux vues » dans la bâtisse originale qui a pignon sur la rue Morin? Ou encore dans la « phase 2 », située sur la rue Valiquette? Et qui n’a pas entendu parler (ou n’a pas profité!) des célèbres sièges doubles qui ont fait le bonheur des amoureux à une certaine époque? « Notre » cinéma Pine - une fierté locale il va sans dire! - fait l’objet du livre La Famille Fermanian - L’histoire du cinéma Pine de Sainte-Adèle, publié récemment par le journaliste Stéphane Desjardins. J’ai glané pour vous quelques informations sur son histoire. Des fruits, des légumes… et des bobines de films! Au lendemain de la Première guerre mondiale, fuyant le Moyen-Orient, Phil Fermanian et son frère Jack s’installent au Canada et acquièrent, sans jamais y avoir mis les pieds, une terre à Sainte-Adèle. Par un matin de décembre 1924, ils prennent le train à destination de leur nouvelle propriété, située approximativement là où se trouve la pharmacie Brunet, jusqu’à la bâtisse du Cinéma Pine II. Au printemps, ils installent de façon rudimentaire un kiosque de fruits et légumes. Avec leur beau-frère Dick, ils ouvrent le Karibian Fruit and Vegetable, là où se trouve aujourd’hui le restaurant Spago. Ils proposent d’abord leurs denrées de maison en maison, les transportant dans une brouette. Quelques années plus tard, ils vendent aux hôtels de la région. Dès 1930, la Karibian Food ajoute un snack-bar et une pompe à essence, et livre dans les villages environnants - en plus des fruits et des légumes - divers produits alimentaires et de la quincaillerie. Tant qu’à faire la tournée des hôtels, ils y installent de petites boîtes de fer chromé et de verre coloré : le Juke-box. En 1935, Phil Fermanian s’intéresse à un nouveau phénomène : le cinéma d’actualité. Il achète un projecteur 16 mm et un écran, et diffuse des courts métrages dans des salles paroissiales. Dans le camion de la Karibian Fruit se côtoient alors fruits, légumes, Juke-box et bobines de films. L’ouverture de la route 117 vers le Nord favorise la construction de bâtiments, dont la chapelle Saint-Paul (située aujourd’hui à deux pas de la Place des citoyens). Le curé Brouillet voit une occasion de bonifier ses revenus en louant son édifice paroissial. Fermanian obtient son permis de propriétaire de salle de cinéma en 1947, mais apprend dans l’intervalle que le clergé s’oppose à la projection de films dans la chapelle. Il ne lui reste qu’une solution : construire son propre cinéma! En 1947, il achète un magasin en faillite sur la rue Morin, là où se trouve l’entrée du cinéma. Il négocie l’achat de fauteuils et l’installation d’un projecteur. Le chantier prend forme en 1948, derrière l’ancien magasin, malgré la pénurie de matériaux d’après-guerre. Les origines du nom Pine L’avènement du ski vient modifier l’économie adéloise. On construit des auberges pour accommoder les touristes. Le finlandais Victor Nymark introduit chez nous un procédé de construction d’embriquement de billots de pins. On lui doit notamment le château Montebello, l’auberge La Marquise au Mont-Gabriel et l’Alpine Inn. Les Cochand, dont l’auberge se situe à la limite de Sainte-Adèle et Sainte-Marguerite, construisent des chalets de style alpin. Fermanian y voit une tendance et nomme son cinéma le Pine Theatre. Le comptoir sera en pin et les portes arborent des paysages de ski… avec des pins! Le cinéma est inauguré en présence de l’élite régionale, du curé et du maire Claude-Henri Grignon qui aurait bien voulu, lui aussi, avoir sa propre salle de théâtre. La notoriété du Pine Theatre, un cinéma indépendant, dépasse rapidement nos frontières. Phil innove en publicisant sa programmation sur de petits cartons. Aurore, qui a épousé Phil en 1952, s’associe à l’entreprise. Elle démontre de grandes habiletés dans la programmation, une passion qu’elle transmet à leur fils Tom, qui prendra rapidement du galon en devenant un excellent projectionniste… à 14 ans! Avancées technologiques et expansion Le Pine introduit la stéréophonie bien avant la majorité des salles montréalaises. Il est l’un des premiers à se doter du son Dolby stéréo. Le Pine n’a cessé d’innover et de se transformer au fil des ans. En 1976, la pharmacie Prudhomme, voisine du cinéma, déménage dans la nouvelle clinique sur la rue du Bourg-Joli. Les Fermanian reprennent leur local et ouvrent une nouvelle salle afin de suivre la tendance du multiplexe. Inauguré en 1978, le cinéma est équipé de projecteurs dernier cri au xénon et de plateaux horizontaux. Trois ans plus tard, la Banque provinciale (à l’angle de la 117) déménage à côté de la chapelle Saint-Paul. Tom en profite pour relier l’immeuble au cinéma et aménager la salle 3. En 1980, Tom rachète le cinéma. Il n’a que 24 ans, mais il connait tous les rouages de l’industrie. En 1995, il rachète l’ancien site de Karibian Fruit pour y aménager le cinéma Pine II. Sa femme Geneviève opte pour un immeuble emblématique dans lequel on intègre une tourelle victorienne. En 1997, la billetterie du cinéma 1 est automatisée avec écran tactile, une première au pays. Des travaux de rénovation ont lieu en 2003. En 2009, le cinéma introduit la numérisation avec la présentation du premier film avec la technologie 3D. Une troisième génération prend la relève alors que Perry, fils de Tom et Geneviève, qui a grandi dans le cinéma, travaille aux côtés de son père. Féru en administration, il gère le cinéma de main de maitre. Le 7e art a beau avoir changé depuis 70 ans, le cinéma Pine - sous la gouverne des Fermanian - est toujours demeuré à l’avant-garde! Christiane Brault Membre du comité patrimoine Cinéma Pine.

  • L’Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland (1914) | VDSA

    L’Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland (1914) 1382, rue Saint-Jean La construction de la chapelle Saint-Joseph-de-Mont-Rolland débute en 1913 sur les terrains de la compagnie La Rolland, qui fournit tout le bois de construction. La première messe est célébrée le 25 décembre 1914, mais la sacristie et les travaux extérieurs ne seront terminés que cinq ans plus tard. INTÉRÊT ARCHITECTURAL L’église est construite selon un plan rectangulaire. D’inspiration georgienne, tous les éléments sont symétriques : la porte d’entrée centrée, deux tours, deux clochers et un nombre impair de fenêtres. La façade est évidemment recouverte de brique rougeâtre et d’un chaînage d’angle en pierre grise. Deux tourelles de forme hexagonale sont coiffées par deux clochers. Le cordon pour sonner les cloches existe toujours. Le vestibule est ajouté en 1938. Dans les ouvertures de forme ogivale se trouvent des vitraux conçus par la compagnie du maître-verrier, John Patrick O’Shea, à l’origine de certains vitraux de l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal. La construction de l’église, 1914 Paroisse Notre-Dame-des-Pays-d’en-Haut. Jubilé d’or de la compagnie La Rolland, 1954. Journal L’Avenir du Nord. Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland, 2016.

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