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Maison Olivier Rolland

La maison Olivier Rolland (1200 rue Saint-Jean)

 

Le bâtiment situé au 1200 de la rue Saint-Jean à Sainte-Adèle s’inscrit dans l’histoire de la compagnie de fabrication de papier fin La Rolland, dont les activités dans la fabrication de papier se sont déroulées de 1902 à 1991. 

 

Avant que les papeteries ne voient le jour dans les Laurentides, Jean-Baptiste Rolland - père de Stanislas-Jean-Baptiste, fondateur des usines de Saint-Jérôme et de Sainte-Adèle - s’intéresse à la promotion foncière et à la construction domiciliaire. Au milieu du 19ᵉ siècle, il acquiert des terrains et fait bâtir des logements à Montréal. 

 

Son intérêt dans ce domaine s’accroît rapidement si bien qu’il fait ériger de belles maisons en rangée sur les rues Saint-Denis et Berri, face au carré Viger. Ces résidences d’inspiration victorienne sont fort prisées par la nouvelle bourgeoisie francophone. 

 

La maison de la rue Saint-Jean s’inscrit dans une typologie d’esprit victorien éclectique, avec son volume rectangulaire, la position de ses ouvertures, ses balcons, avant-toits, galbes, ses toitures en tôle à la canadienne, ses lucarnes ainsi que son ornementation très soignée.

 

L’implantation du bâtiment prend place légèrement en retrait de la rue Saint-Jean (autrefois rue de l’Église) et de la rue Rolland à Sainte-Adèle. Cette maison est bâtie d’après un plan de 60 par 35 pieds et prend place sur un terrain boisé de 90 000 pieds carrés. 

Les éléments historiques


Olivier Rolland a habité la maison dès 1917.  En 1935 et 1936, il effectue diverses rénovations afin de répondre aux nouveaux besoins de la famille. À l’époque, les chevaux étaient logés dans l’étable à l’arrière de la maison. Avec l’arrivée des voitures, le bâtiment a été transformé en garage.

 

À l’initiative de madame Villemaire et de quelques dames ayant des enfants d’âge à fréquenter une maternelle, une classe est aménagée en 1949 dans la résidence d’Olivier et d’Aline Rolland jusqu’en 1952.

 

Après le départ d’Olivier, son fils Lucien décide de demeurer à Saint-Jérôme et la maison sera habitée par la famille du gérant Jean-Yves Chartrand, puis de celle de Ted Robitaille, cadre de l’usine. En 1975, la compagnie commence à se départir de certains biens, dont la ferme et les maisons des dirigeants de la Compagnie, dont les deux maisons de villégiature situées sur la rue Saint-Jean où logent les dirigeants de La Rolland – l’autre étant le 1450 rue Saint-Jean. 

 

Bruno Rolland, petit-fils d’Olivier Rolland, achète la maison du 1200 rue Saint-Jean. La maison n’ayant pas été rénovée depuis l’époque d’Olivier Rolland. Bruno Rolland fait refaire la toiture, l’électricité, la plomberie et a fait changer quelques fenêtres tout en conservant le cachet d’origine de la maison. La famille la conserve jusqu’en 1995. 

 

Durant cinq ans, la vaste demeure change fréquemment de propriétaires. En 2000, le bâtiment devient l’auberge Au clos Rolland, couette et café. Parmi les dix salles de bain que compte la maison, l’une d’elles a conservé toutes ses composantes et son caractère d’origine. 

Les éléments extérieurs

 

La maison Olivier-Rolland consiste en un vaste bâtiment de bois, érigé sur un solage de pierre des champs, un matériau très présent dans la région des Laurentides. Le soubassement d’une hauteur de six pieds, nous permet d’apprécier les composantes structurelles de la maison.

La toiture présente plusieurs versants à demi-croupes. On reconnaît ce type de toiture à sa charpente à deux versants de forme triangulaire, compris entre deux arêtiers, pour former un pan de forme trapézoïdale. 

 

Parmi les avancées, plusieurs avant-toits avec fronton, des saillies, une véranda et un solarium sont présents sur l’une ou l’autre des façades. Mais ce qui distingue vraiment la maison c’est le magnifique couronnement ajouré et ornementé qui coiffe le balcon à l’étage, de l’entrée principale. Nous pouvons également observer le jeu des colonnes tournées et de balustres façonnés en bois.

 

Cet élément architectural comporte également une dentelle de bois ouvragée et des éléments distinctifs en forme de lys qui se veulent une référence avec la société francophone du Québec.  Le premier descendant de la famille arrivé en Nouvelle-France, Jean-Pierre Rolland, fait partie du régiment de Guyenne venu défendre notre territoire de 1755 à 1760. Jean-Baptiste Rolland a d’ailleurs œuvré au côté du fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste, Ludger Duvernay. La fleur de Lys est également présente sur les armoiries de la ville de Mont-Rolland.

 

Il existe d’autres éléments d’intérêt. Sur la façade qui donne sur la voie publique, les galbes disposés au-dessus des galeries sont ornés de lambrequins, finement ciselés, de colonnes fuselées. Cet élément architectural rappelle la présence d’une typologie  néogothique. Des appliques représentant un soleil rayonnant situés dans les frontons ornent plusieurs bâtiments de Mont-Rolland. 

 

Des lucarnes en saillie à croupe sont ancrées dans les combles du toit pour éclairer et ventiler les chambres qui y sont présentes. Ces structures en saillie sont de type à croupes. 

À l’époque de sa construction une galerie courait sur deux façades et une tonnelle ouverte et ornementée était attachée à la maison, comme en fait foi une photo de l’époque. 

 

Les valeurs patrimoniales de la maison de villégiature de Sainte-Adèle ayant logé plusieurs gérants de la Rolland, dont Jean et Olivier Rolland et leurs familles, repose sur ses intérêts historique, architectural et son ancienneté. Son édification nous livre un témoignage du passé et constitue un point de repère important, toujours présent, dans le secteur de Mont-Rolland. 

Les éléments caractéristiques

 

Les éléments caractéristiques de la maison Olivier-Rolland comprennent, notamment:


- le positionnement de la maison, sur l'ancienne trame urbaine du village de la compagnie, sur un vaste terrain en relief et boisé;


- le bâtiment de style victorien en bois à trois niveaux est coiffé de toitures irrégulières à deux versants;


- les toitures avec versants droits qui se terminent par des pans en demi-croupe;


- Les matériaux d'origine, dont les parements de bois à clin et planche charnière en plus d'une maçonnerie de pierre des champs;


- les toitures et galeries couvertes d'un avant-toit en tôle posée à la canadienne;


- les ouvertures organisées à la fois de façon symétrique et asymétrique selon la disposition et l'importance des façades;


- les façades avec des fenêtres en bois à carreaux, à battants et à guillotines ainsi qu'une grande baie à triplet et de portes en bois de menuiserie d'assemblage;


- les ornementations très présentes sur toutes les composantes de la maison, comme les colonnes tournées, les lambrequins, les balustrades et les corniches ornementées.

1. Maison Olivier-Rolland, 2019..png

Maison Olivier Rolland, 2019. Collection Christiane Brault.

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