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- La maison en pierre de Coride Bélec | VDSA
La maison en pierre de Coride Bélec 985, rue Valiquette Coride Bélec épouse Rose Richer en 1915. Déménageur de pianos à Montréal, il achète la terre des Legault dit Deslauriers vers 1933. Le lot s’étend du bureau de poste actuel jusqu’au pont de Mont-Rolland. Durant la crise économique, le couple vend les produits de leur ferme et de leur érablière devant leur domicile. Ils opèrent également un commerce de livraison de blocs de glace que l’on déposait dans des glacières. Le réfrigérateur électrique n’avait pas encore fait son apparition. En 1947, Coride et sa femme emménagent dans la maison en pierre sur le terrain voisin. Ils cèdent à chacun de leurs 6 enfants un terrain pour se bâtir une maison. Plusieurs maisons de la rue Valiquette reprennent la typologie de la maison en pierre. Les enfants Bélec seront – entre autres - hôtelier, restaurateur, propriétaire d’une compagnie de taxis et organisateur politique. INTÉRÊT ARCHITECTURAL La maison de pierre conserve plusieurs éléments d’origine, comme les fenêtres à carreaux et l’avant-toit qui protège la galerie à l’étage. On retrouve également un jeu de consoles décoratives et un oculus dans le pignon de la toiture. Les Bélec devant leur maison, 1960. Coll. Marielle Bélec. 2016
- L’ancienne villa de Mgr Georges Gauthier | VDSA
L’ancienne villa de Mgr Georges Gauthier (1924) Rue Beaudry Tout en haut de la rue Beaudry, derrière les buissons, se trouve l’ancienne villa de monseigneur Georges Gauthier. Né en 1894, Georges Gauthier entreprend des études classiques avant de se rendre à Rome pour y compléter un doctorat. Il enseigne au Grand Séminaire de Montréal, contribue à la création du collège André-Grasset et est nommé recteur de l’Université de Montréal. Sous son règne à titre de monseigneur, il participe à la fondation de 37 paroisses. Georges Gauthier fait construire cette villa en 1924, en obtenant des Rolland une partie du lot 9B, avec droit de passage à la rivière du Nord. À la mort de monseigneur Paul Bruchési, Georges Gauthier devient archevêque de Montréal. Un monseigneur à Mont-Rolland, imaginez le cortège à son arrivée au village. À son décès, tous ses biens reviennent au diocèse de Montréal qui les redonnent l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Vingt ans plus tard, le site est cédé aux petites sœurs de l’Assomption, qui revendent le tout en 2003. Le bâtiment devient alors une auberge. La petite chapelle y est toujours présente. Villa de Mgr Gauthier cédée aux Sœurs du Bon-Conseil, vers 1945. Carte postale - Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Monseigneur Gauthier. Diocèse de Montréal.
- L’Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland (1914) | VDSA
L’Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland (1914) 1382, rue Saint-Jean La construction de la chapelle Saint-Joseph-de-Mont-Rolland débute en 1913 sur les terrains de la compagnie La Rolland, qui fournit tout le bois de construction. La première messe est célébrée le 25 décembre 1914, mais la sacristie et les travaux extérieurs ne seront terminés que cinq ans plus tard. INTÉRÊT ARCHITECTURAL L’église est construite selon un plan rectangulaire. D’inspiration georgienne, tous les éléments sont symétriques : la porte d’entrée centrée, deux tours, deux clochers et un nombre impair de fenêtres. La façade est évidemment recouverte de brique rougeâtre et d’un chaînage d’angle en pierre grise. Deux tourelles de forme hexagonale sont coiffées par deux clochers. Le cordon pour sonner les cloches existe toujours. Le vestibule est ajouté en 1938. Dans les ouvertures de forme ogivale se trouvent des vitraux conçus par la compagnie du maître-verrier, John Patrick O’Shea, à l’origine de certains vitraux de l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal. La construction de l’église, 1914 Paroisse Notre-Dame-des-Pays-d’en-Haut. Jubilé d’or de la compagnie La Rolland, 1954. Journal L’Avenir du Nord. Église Saint-Joseph-de-Mont-Rolland, 2016.
- Parc Zénon-Alary | VDSA
Parc Zénon-Alary Zénon Alary (1894-1974) Issu d’une famille de 7 enfants, Zénon Alary s’adonne au dessin et sculpte déjà ses premières pièces dans des bouts de bois trouvés ici et là. À seize ans, il quitte la maison pour travailler sur les chantiers. Il occupe le métier de draveur et de journalier sur les chemins de fer. Puis le hasard de la vie lui révèle la sculpture. Revenu à Montréal, il s’inscrit au cours de modelage du Monument national et approfondit son art sous les précieux conseils d’Élzéar Soucy et d’Alfred Laliberté. L’une des premières constructions sur laquelle il travaille est celle de l’église Sainte-Philomène de Rosemont où il collabore à la confection des sculptures sur pierre. Grande exposition des métiers du terroir à l’île Sainte-Hélène Le sénateur Jules-Édouard Prévost de Saint-Jérôme achète son premier original. Puis le ministre Paul Gouin, qui deviendra président de la Commission des monuments historiques du Québec, acquiert plusieurs œuvres et lui ouvre les portes d’une clientèle plus large. Il est l’un des artisans invités à prendre part à une importante exposition à l’Île Sainte-Hélène en 1939, en compagnie des frères Bourgault de Saint-Jean-Port-Joli. Les artistes travaillent sur place sous les yeux des visiteurs. À 45 ans, sa carrière est lancée. Zénon Alary à Sainte-Adèle Zénon Alary s’installe près du pont de Mont-Rolland. La venue de l’autoroute l’oblige à se déplacer, en 1963, dans une demeure de l’autre côté de la rue. Zénon Alary meurt en 1974 en laissant derrière lui une impressionnante collection. Son nom figure dans le dictionnaire historique de la sculpture québécoise au XXe siècle. Le Musée Zénon-Alary Simone Constantineau redonne vie à ses œuvres en retraçant plus de 250 sculptures inspirées de la faune canadienne. La municipalité de Mont-Rolland lui offre d’abord, en 1982, un espace au 2e étage de l’hôtel de ville. Le Musée se mérite le prix de la Sauvegarde du patrimoine décerné par la Société nationale des Québécois. Lors de la fusion des villes de Mont-Rolland et de Sainte-Adèle en 1997, la nouvelle entité municipale propose une partie de l’ancien hôtel de ville pour regrouper les œuvres et créer le Musée Zénon-Alary. Une fondation en assure la pérennité. Source : Musée Zénon Alary. Grande exposition de l’artisanat à l’île Sainte-Hélène, journal Le Samedi, Montréal, 17 juin 1939. Gauvreau, Jean-Marie, Artisans du Québec , Montréal, Éditions du Bien Public, 1940. Trudelle, André, « Les œuvres du sculpteur Zénon Alary enfin réunies », Montréal, La Presse, 21 juillet 1997. Zénon Alary dans son atelier. Source : Musée Zénon-Alary. Zénon Alary à l’exposition à l’île Sainte-Hélène en 1939. Source : La revue Moderne, avril 1940. Aperçu de son atelier. Source : Musée Zénon-Alary. Totem par Zénon Alary.
- Les maisons de brique (1918) | VDSA
Les maisons de brique (1918) 1421, 1427 et 1431, rue Saint-Jean Ces deux bâtiments à deux étages de type urbain se caractérisent par leurs volumétries cubiques et leur brique rouge, caractéristique de la papeterie Rolland. On doit à Alexandre Labelle le lambrissage en brique et le parachèvement de ces deux maisons. Il conserve celle du 1421 et la revend à Edmond Beauchamp, contremaître à la manufacture de papier Rolland. Son fils Roch Beauchamp, comptable à l’usine de papier, en hérite en 1924. Roch Beauchamp s’est beaucoup impliqué dans sa communauté, il était secrétaire-trésorier de la municipalité et occupe le même poste à la commission scolaire, lors de l’agrandissement de l’école Saint-Georges. Il est également nommé gérant de la caisse populaire en 1949. INTÉRÊT ARCHITECTURAL La maison présente plusieurs éléments d’intérêt, dont les fenêtres à carreaux, le jeu de brique au-dessus des fenêtres à l’étage, ainsi que la mosaïque en saillie sous la corniche. Maison du 1427, rue Saint-Jean, 1990 Maison du 1421, rue Saint-Jean, 1989
- Les rues Lafontaine et Lanthier | VDSA
Les rues Lafontaine et Lanthier 3014 et 3026, rue Lafontaine | 1405 et 1395, rue Lanthier Nous sortons des terres acquises par la compagnie Rolland. Nous sommes sur une partie de l’ancien lot 10B qui appartenait, en 1858, à Magloire Filion, qui en a hérité de son père Isidore. Avant 1960, on ne comptait que trois propriétés. La maison des Latour (1957) 3014 et 3026, rue Lafontaine Le site est acquis en 1929 par Jimmy Nadon. En 1956, il scinde son lot en deux et vend la plus grande partie à Paul Latour, qui demande à Nadon de démolir tous les bâtiments qui s’y trouvent. L’acte notarié est enregistré en 1956. La maison d’Arthur Raymond (1940) 1405, rue Lanthier Au bout de la rue se trouve la maison d’Arthur Raymond, qui acquiert le site en 1933 d’Avila Desjardins. Ce dernier, gérant de la banque provinciale de Mont-Rolland, sera maire de 1957 à 1965. Son fils Wilfrid achète la maison en 1957. La maison des Aubin (1915) 1395, rue Lanthier Élie Filion, fils de Magloire Filion et de Julie Tassé, cède ce lot à Pacifique Sigouin en 1915. Un acte notarié indique une transaction avec le menuisier Zéphirien Dorion. Nous pouvons présumer que ce dernier a bâti la maison qui est acquise en 1917 par Jules Aubin. Sa fille Lucille Aubin achète cette demeure en 1963. La maison des Aubin, 1990. La maison des Aubin, 2022.
- La maison d’Arcade Desjardins (vers 1 | VDSA
La maison d’Arcade Desjardins (vers 1925) 49 , rue Morin Grégoire Rochon, qui a fait fortune comme maître- charretier à Montréal, revient à Sainte-Adèle en 1910 et acquiert diverses propriétés au village. Il revend à Arcade Desjardins la maison du 49, rue Morin en 1939. La famille y vit jusqu’au décès de ce dernier, en 1956. Sa femme Annie McGuire, fille de James McGuire et Célina Beauchamp, en hérite et l’habite jusqu’à son décès à 96 ans, en 1973. Arcade Desjardins succède à Joseph Beauchamp – grand-père de Célina – comme inspecteur de tous les travaux sur les chemins de Sainte-Adèle. Homme d’affaires avisé et prêteur sur gages, Arcade est le fils d’Israël Desjardins, premier forgeron de Sainte-Adèle, et de Philomène Lapointe. Personnage important, il est l’un des amis de Claude-Henri Grignon. D’ailleurs, plusieurs anciens reconnaissent chez Arcade les traits du personnage de Séraphin Poudrier. Les maisons lambrissées de brique datant de cette époque ne sont pas très courantes dans la ville; il fallait être bien nanti pour en posséder une. 49 rue Morin 2016 49 rue Morin 2023
- Parc Claude-Cardinal | VDSA
Parc Claude-Cardinal Claude Cardinal (1940-1997) Claude Cardinal naît en 1940. Au moment où il termine son cours classique au Collège de Montréal, sa mère, Irène Gauthier, achète le restaurant Au Petit Lutin. Restaurant Au Petit Lutin C’est en 1948 que Joseph-Édouard Viau, entrepreneur général, et sa femme, Hélène Groulx, achètent le lot vacant situé sur le coin sud-ouest de la rue Henri-Dunant et du boulevard Sainte-Adèle pour y faire construire un restaurant qu’il nomme Au Petit Lutin. Le commerce est alors voisin du supermarché d’alimentation Dominion. La famille Cardinal en demeure propriétaire jusque dans les années 1980. La bâtisse est démolie quelques années plus tard. Une pharmacie, un nettoyeur et un commerce de détail en matériaux électriques occupent aujourd’hui cet espace. Fondateur du club optimiste Sainte-Adèle 69-70 Claude Cardinal fonde, en 1969, le Club optimiste de Sainte-Adèle, un organisme sans but lucratif, qui se dédie au développement d’activités sportives. Son intervention première se tourne vers le développement du baseball mineur. En 1989, vingt ans après sa fondation, le Club optimiste avait amassé plus de 750 000 $ pour les jeunes de Sainte-Adèle. Le Comité de baseball des « 6 » Le comité des « 6 » comme on l’appelait, était formé, en plus de Claude Cardinal, de René Dufresne, Laurent Courcy, Raymond Lefebvre, Gilles Moreau et Gaston Jolicoeur. En 1971, 120 jeunes sont inscrits au programme de baseball et, l’année suivante, le comité demande à Ronald Piché, associé au club des Expos de Montréal, de venir compléter la formation des responsables des équipes. En 1975, la ville de Sainte-Adèle lance un appel d’offres pour la construction de terrains de baseball éclairés et la construction d’un chalet. Le parc Bourg-Joli est inauguré quelques années plus tard. Après le décès de Claude Cardinal, pour honorer son travail effectué dans le sport mineur de Sainte-Adèle, le parc Bourg-Joli prend le nom de parc Claude-Cardinal. Jean-Paul Cardinal, digne successeur de son père Impliqué dans sa communauté, Jean-Paul, le fils de Claude Cardinal, devient conseiller municipal avec l’équipe du maire Pierre Grignon. Puis, en 2001, Jean-Paul Cardinal accède au poste de maire de la ville. Il reste en poste jusqu’en 2007. Tout comme son père, il s’implique activement auprès des jeunes. Il décède en 2015, à l’âge de 52 ans. Claude Cardinal, juin 1988. Photo J.N. Gaudreault, collection Céline Cardinal Annonce du restaurant Au petit Lutin, autrefois située sur le boulevard Sainte-Adèle. Collection Céline Cardinal. Claude Cardinal devant la maison familiale, mai 1963. Collection Céline Cardinal. Annonce des 20 ans du Club Optimiste de Sainte-Adèle affichée sur le mur du cinéma Pine, face au boulevard Sainte-Adèle, 1989. Jean-Paul Cardinal, maire de Sainte-Adèle de 2001 à 2007. Collection Céline Cardinal.
- Rock THERRIEN - La vie est belle à Ste-Adèle | VDSA
LA VIE EST BELLE À SAINTE-ADÈLE - 2016 Rock Therrien Rock Therrien est peintre autodidacte. Né à Armargh, comté de Bellechasse, un petit village pittoresque situé au sud de Québec, il a cependant vécu sa petite enfance aux États-Unis. Aujourd’hui, c’est à Morin-Heights, au cœur de la région des Laurentides que Therrien a établi ses ateliers. De son environnement, de ses nombreux voyages et de la musique, il puise ses idées. Le quotidien lui offre aussi une grande source d’inspiration pour son art. LA VIE EST BELLE À SAINTE-ADÈLE - 2016 Pendant plusieurs années, le Lac Rond de Sainte-Adèle a été l’hôte d’un tournoi de pêche unique en son genre. À cette époque, le lac était ensemencé par plus de 2000 truites à chaque année et permettait aux pêcheurs de tout calibre et de tout âge, de venir s’y amuser. Plusieurs de ces truites étaient numérotées avec une valeur en argent correspondante, imaginez la frénésie sur le lac. Plus de 400 pêcheurs venaient taquiner la truite et faisaient de cet événement de belles histoires de pêche en famille. À ses débuts, le tournoi se nommait Le tournoi des poissons pour ensuite prendre le nom de son fonda- teur à son décès, et devenir Le tournoi de pêche Maurice Aveline, homme d’affaires reconnu et grand ambassadeur de son village! La mission première de ce tournoi était d’attirer des visiteurs à Sainte-Adèle, même mission que partage aujourd’hui ces magnifiques murales dans les Laurentides...
- La maison d’Arthur Toupin | VDSA
La maison d’Arthur Toupin 1125, rue Saint-Jean Le premier propriétaire de ce site est Arthur Toupin. D’abord journalier à la Rolland, il accède ensuite au poste de surintendant. Fervent de baseball, il est très impliqué dans sa communauté et sera élu maire de Mont-Rolland à dix reprises, de 1924 à 1943, à une époque où les mandats étaient d’une durée de deux ans. Il œuvre ensuite pendant près de 25 ans à la Commission scolaire de Mont-Rolland, avant d’être nommé juge de paix par le lieutenant-gouverneur du Québec, en 1943. Il est décédé en 1954 et on lui a réservé des funérailles grandioses. La famille Toupin demeure propriétaire de cette maison pendant plus de 50 ans. Rosario St-Germain, comptable, l’achète en 1965. 1990 2022
- La maison du forgeron (vers 1907) | VDSA
La maison du forgeron (vers 1907) 994, rue Valiquette En 1845, Jean-Baptiste Legault dit Deslauriers obtient du commissaire des terres un lot qu’il cède à son fils Jérémie en 1857. Le forgeron Alphonse Aveline acquiert deux arpents de ce lot en 1907 et y construit une maison et une forge. Différents propriétaires se succèdent à la boutique de forge du village. Le cultivateur Wilfrid Monette l’achète en 1925. M. Monette est marguillier à la paroisse et fait partie, avec Claude-Henri Grignon et Lionel Patry, du « syndic » chargé de surveiller les travaux lors de la construction de la nouvelle église en 1952. À son décès, sa femme Marie-Ange Thibault hérite du bâtiment, qu’elle lègue à son fils Raymond en 1976. Il y ouvre alors une épicerie. Depuis 1997, le bâtiment connait différents usages. En 2008, le chef Olivier Sadones et Corinne Duquette ouvrent le restaurant la Muse bouche dans l’ancien atelier du forgeron. Le Bistro A Vino s’y installe par la suite. Le restaurant Donalda y ouvre ses portes en 2017 après avoir réaménagé les lieux. En février 2022, un bris électrique cause un incendie. Durant les travaux d’excavation sous la terrasse, on a déterré plusieurs dizaines de fers à cheval. Espérons que cela porte chance! L’ancienne forge de Wilfrid Monette devenue restaurant, vers 1985. 2015
- Parc du Mont Loup-Garou | VDSA
Parc du Mont Loup-Garou Mythes, légendes ou vérités? Il paraîtrait qu’un loup-garou aurait sévi pendant très longtemps sur l’une des plus vertigineuses montagnes de Sainte-Adèle, le Mont Loup-Garou. Dans le secteur, cet homme transformé en loup et condamné à errer la nuit était à l’origine de toutes sortes de ouï-dire pendant les années 1800 et 1900. Une histoire raconte qu'un bon soir, un bambin horrifié se réfugia auprès de sa mère, lui disant avoir aperçu «un grand ours» à la fenêtre. Plus tard cette nuit-là, l’enfant disparut de son lit et on ne le revit plus jamais. Une autre histoire étrange rapporte qu’un chasseur du nom de Desjardins partit au clair de lune. Sans nouvelles de lui, on ne retrouva sur la montagne que son fusil et quelques morceaux de cuir. Fait plus cocasse, on raconte aussi qu’à l’aube, après les nuits de pleine lune, on retrouvait parfois les chevaux avec... leurs queues tressées. En 1954, des journaux des quatre coins de la province annoncent qu’un philosophe montréalais, M. de Nobili, compte passer une nuit sous la pleine lune au Mont Loup-Garou, accompagné de cinq étudiants. Organisée par Georgette Arus, citoyenne passionnée d’histoire, l’excursion visait à démystifier cette légende très ancienne que les plus vieux persistaient à croire. Pour eux, y passer une nuit signifiait une mort horrible. Ces histoires ont été transmises de générations en générations, en ces temps où l’imagination trouvait les réponses que l’observation seule ne satisfaisait pas. Réelles ou pas? Personne ne détient la réponse. Ce qui est certain, c’est qu’à Sainte-Adèle, le Mont Loup-Garou reflète par son nom tout l’impact de cette tradition orale. Toutefois, avec la modernisation des grands axes routiers et l’arrivée du chemin de fer Canadien Pacifique et du P’tit Train du Nord, le territoire du mythique loup-garou et son sommet culminant à 490 m d’altitude devinrent le paradis des skieurs. Dès 1920, des « trains de neige » y amenèrent de nombreux citadins, tout comme dans plusieurs stations de ski des Pays-d’en-Haut. L’été, la montagne était prisée pour les promenades à cheval et la randonnée. Plusieurs villégiateurs séjournaient à l’auberge Sun Valley Farm, lieu très populaire grâce au remonte-pente qui permettait de skier sur le site, mais aussi en raison de son emplacement idéal puisque l’auberge était entourée de montagnes. À travers monts et vallées se faufilait un réseau de 700 km de pistes, parfaites pour le ski de randonnée. L’une des pistes aménagées par la Sun Valley Farm débutait au mont Loup-Garou et s’étirait jusqu’à Morin-Heights, offrant plusieurs points de vue et descentes poudreuses. Une autre piste offrait le trajet le plus direct (14 km) de l’auberge jusqu’à Saint-Sauveur. Puis, l’intérêt pour le ski de randonnée s’essouffla tranquillement avec l’essor de nombreux centres de ski de plus grande envergure dans la région. Depuis les années 1990, la montagne est fréquentée pour ses sentiers de randonnée, ski de fond, raquette, vélo de montagne et vélo hivernal entretenus par l’organisme bénévole Plein-Air Sainte-Adèle. On peut l’explorer en empruntant notamment le sentier «Le Loup-Garou» qui longe les lacs Matley et Richer pour se rendre jusqu’au sommet. La Ville de Sainte-Adèle a fait l’acquisition de ce précieux terrain en 2017 et souhaite maintenant acquérir les terrains adjacents afin d’y réaliser le projet de Parc du Mont Loup-Garou. Ce grand parc aménagé pour les citoyens permettra de redécouvrir la riche histoire de cette montagne, ses légendes et son importance pour le développement de la région. Enfin, la préservation de ce patrimoine naturel assurera certainement un legs pour les générations futures et qui sait, permettra peut-être d’élucider quelques mystères… Laurence Millette, archiviste *********************************** La légende du Mont Loup-Garou Créature énigmatique de l’imaginaire québécois, le loup-garou – aussi appelé lycanthrope – est un être insaisissable, mi-homme, mi-loup, fort ancien et commun à de nombreux peuples, dont les origines semblent remonter aussi loin qu’à la mythologie grecque. Plus près de nous, une légende datant du début du 19e siècle laisse entendre qu’un loup-garou aurait sévi pendant très longtemps sur l’une des plus vertigineuses montagnes de Sainte-Adèle, le Mont Loup-Garou. Un homme transformé en loup et condamné à errer la nuit était à l’origine de toutes sortes de ouï-dire pendant les années 1800 et 1900. Au fil des ans, les évocations du loup-garou se multiplient et contribuent à l’immortalité du mythe de cette créature effrayante. Voici les plus saisissantes! Une histoire raconte qu'un bambin horrifié ayant dit à sa mère avoir aperçu « un grand ours » à la fenêtre est disparu pendant la nuit et n’a jamais été revu. Un autre récit fait état d’un chasseur du nom de Desjardins, parti au clair de lune, qui n’est jamais revenu de sa chasse. On n’a retrouvé de lui que son fusil et quelques morceaux de cuir sur la montagne. Certains laissent également entendre que deux bûcherons qui se moquaient de la légende, auraient un jour décidé d’établir leur camp sur le Mont Loup-Garou. L’un a été retrouvé mort, horriblement mutilé, et l’autre a perdu la raison et est décédé deux jours plus tard. Une autre anecdote relate qu’une femme qui s’était rendue sur la montagne un soir en est revenue folle, tandis que sa cabane a été rasée par le feu. La rumeur veut qu’elle ait été internée dans une institution de soins psychiatriques de Montréal. Fait plus cocasse mais tout aussi mystérieux, on raconte également qu’à l’aube, après les nuits de pleine lune, on retrouvait parfois les chevaux avec... leurs queues tressées! En 1954, bien décidé à faire la lumière sur ces histoires abracadabrantes et « à prouver fausse cette croyance qui est très ancienne et répandue dans la littérature de plusieurs races », le professeur d’université et philosophe montréalais M. de Nobili, compte passer la nuit du 17 juin au Mont Loup-Garou, sous la pleine lune, accompagné de cinq étudiants. « Non, nous ne serons pas armés mais nous apporterons une protection suffisante contre la nature », a mentionné ce spécialiste du folklore canadien-français avant son expédition. À l’origine de cette excursion, Mme Georgette Arus, une spécialiste de la culture et de l’histoire canadienne-française dans les Laurentides, a promis « que l’on patrouillerait le pied de la montagne afin d’éloigner les farceurs et protéger l’ascension ou la descente, peut-être, du groupe. » L’histoire ne dit pas si M. de Nobili et ses cinq étudiants ont eu la chance de faire le récit de leur nuit sous la pleine lune au Mont Loup-Garou… Alors : mythes, légendes ou vérités? Personne ne détient la réponse. Mais peut-être la découvrirons-nous un jour ici, au Parc du Mont Loup-Garou! Et vous, oseriez-vous passer une nuit de pleine lune sur le Mont Loup-Garou? Loup-garou - Weird Tales 1941 domaine public Wikimedia. Équitation – La Presse 4 août 1945 : la photo a été prise au chalet du Mont-Loup-Garou. Ski – La Presse 22 décembre 1938.
